Les États-Unis lancent la « Mission Genesis » : l’IA pour révolutionner la recherche scientifique

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Le ministère américain de l’Énergie (DOE) est à la tête d’une initiative majeure, baptisée « Mission Genesis », visant à intégrer profondément l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche scientifique. Les annonces de cette semaine témoignent d’une large collaboration entre les laboratoires gouvernementaux, les principales entreprises technologiques et les établissements universitaires, visant à accélérer les découvertes dans de multiples domaines.

La portée de la collaboration

Vingt-quatre laboratoires et entreprises d’IA – dont des géants comme OpenAI, Google DeepMind, Nvidia, Intel et Amazon Web Services – ont promis des ressources pour construire une plateforme nationale pour la science améliorée par l’IA. Il ne s’agit pas seulement de fournir de la puissance de calcul ; il s’agit de rendre les modèles d’IA de pointe directement accessibles aux chercheurs des 17 laboratoires nationaux.

Les principaux engagements incluent :

  • OpenAI : facilitera la collaboration entre ses modèles et les laboratoires du DOE, en tirant parti des superordinateurs pour la recherche de pointe.
  • Google DeepMind : prévoit de fournir un accès anticipé à des outils tels qu’AlphaEvolve (agent de codage pour la science des matériaux), AlphaGenome (recherche génétique) et WeatherNext (prévisions météorologiques).
  • CoreWeave : Offre une infrastructure cloud d’IA sécurisée et hautes performances pour responsabiliser les chercheurs.

Pourquoi c’est important : une nouvelle ère d’outils scientifiques

Dario Gil, sous-secrétaire à la science du DOE, considère cela comme un changement fondamental. « Nous prenons très au sérieux le fait qu’il s’agit du nouvel instrument scientifique de notre époque… tout comme l’astronomie a été révolutionnée avec les télescopes. » Les modèles d’IA permettent désormais aux scientifiques de modéliser des systèmes complexes, de générer des hypothèses et de mener des expériences préliminaires avec une vitesse et une précision sans précédent.

Les implications sont importantes. L’IA peut accélérer les percées dans des domaines tels que l’informatique quantique, l’énergie, la découverte de médicaments et la science des matériaux. En automatisant certaines parties du processus de recherche, les scientifiques peuvent se concentrer sur l’analyse et l’innovation de haut niveau.

Contexte : un changement de priorités

Cette poussée vers une science axée sur l’IA intervient après une période de changements politiques sous l’administration précédente. Une partie du financement public destiné à la recherche scientifique a été supprimée ou réorientée, en particulier pour les études sur le changement climatique. La mission Genesis peut être considérée comme un changement de cap, en se recentrant sur l’innovation tout en alignant la recherche sur les priorités nationales comme l’indépendance énergétique et le développement de technologies avancées.

Le fait que cela se produise aujourd’hui, avec une telle participation du secteur privé, soulève des questions sur l’avenir du financement public de la science. L’IA deviendra-t-elle l’outil dominant, marginalisant potentiellement les méthodes de recherche traditionnelles ? Comment l’accès sera-t-il géré pour garantir une participation équitable dans le monde universitaire et dans les petits laboratoires ?

L’avenir de la découverte

La mission Genesis représente un pari audacieux sur la capacité de l’IA à remodeler le paysage scientifique. En combinant l’ingéniosité humaine et l’intelligence artificielle, les États-Unis visent à conserver leur avance en matière d’innovation mondiale. En cas de succès, cet effort de collaboration pourrait ouvrir la voie à une ère de progrès scientifiques plus rapides et plus efficaces – mais son impact à long terme sur les structures de recherche et les modèles de financement reste à voir.