OpenAI ajuste rapidement sa nouvelle plate-forme de génération vidéo, Sora, en réponse à la fois aux pressions juridiques et aux préoccupations des utilisateurs concernant les droits d’auteur et l’utilisation abusive de ressemblances. Quelques jours seulement après son lancement sur invitation uniquement, la société déploie de nouvelles fonctionnalités conçues pour donner aux utilisateurs plus de contrôle sur la façon dont leurs images et leurs voix sont utilisées dans les vidéos créées par l’IA. Cette décision intervient dans un contexte de surveillance croissante de la part de l’industrie du divertissement et des experts juridiques, qui se demandent si l’approche initiale d’OpenAI en matière de violation du droit d’auteur était durable.
La fonctionnalité Cameo et la controverse initiale
La fonctionnalité remarquable de Sora, « camée », permet aux utilisateurs de télécharger des vidéos d’eux-mêmes pour les inclure dans des scènes générées par l’IA. Cela a suscité un intérêt immédiat, les premiers utilisateurs ayant créé des deepfakes réalistes, notamment celui du PDG d’OpenAI, Sam Altman, faisant de fausses déclarations sur les modèles d’IA concurrents. Bien que divertissant, le reportage a soulevé des questions cruciales sur le consentement, les droits d’auteur et le potentiel de désinformation. OpenAI exigeait initialement que les détenteurs de droits d’auteur (comme les studios de cinéma) refusent que leur propriété intellectuelle soit utilisée pour la formation en IA – une position que les experts juridiques ont rapidement rejetée comme peu pratique.
«Le droit d’auteur s’attache aux œuvres dès leur création», explique Robert Rosenberg, avocat en propriété intellectuelle chez Moses and Singer LLP. “Demander aux créateurs de se désinscrire de manière proactive n’a jamais été une approche viable.” OpenAI a rapidement inversé cette position, reconnaissant la nécessité de s’aligner sur la loi en vigueur sur le droit d’auteur.
Nouvelles restrictions et filigranes
L’entreprise introduit désormais un contrôle plus granulaire. Les utilisateurs peuvent désormais spécifier des mots-clés restreints ou des scénarios dans lesquels leur image ne peut pas être utilisée, comme empêcher les commentaires politiques générés par l’IA mettant en vedette leur visage et leur voix. De plus, OpenAI rend plus visible le filigrane sur les vidéos créées par Sora, dans le but d’identifier clairement le contenu généré par l’IA.
Ces changements constituent une étape vers l’atténuation des risques juridiques. La question centrale est de trouver un équilibre entre la nature ouverte de la plateforme et les droits des créateurs de contenu. Les lois existantes, comme l’article 230 de la loi sur la décence en matière de communication, protègent les plateformes de médias sociaux de toute responsabilité concernant le contenu généré par les utilisateurs. Cependant, des géants du divertissement tels que Disney et Warner Bros. ont déjà commencé à poursuivre en justice les sociétés d’IA pour avoir autorisé la reproduction non autorisée de personnages protégés par le droit d’auteur.
Le paysage juridique au sens large
OpenAI n’est pas le seul à être confronté aux défis du droit d’auteur. Le New York Times et d’autres éditeurs ont poursuivi l’entreprise en justice, alléguant l’utilisation illégale de contenu exclusif dans ses données de formation à l’IA. Ziff Davis, la société mère de CNET, a également intenté une action en justice contre OpenAI pour des raisons similaires. Ces batailles juridiques mettent en évidence la tension fondamentale entre l’innovation en matière d’IA et les droits de propriété intellectuelle.
La question est maintenant de savoir si les nouvelles mesures d’OpenAI suffiront à satisfaire à la fois les créateurs individuels et les grandes sociétés de divertissement. Selon Rosenberg, “les plateformes assument davantage de responsabilités, mais il reste à voir si cette mise en œuvre répondra aux attentes”.
Ces ajustements sont essentiels pour l’avenir du contenu généré par l’IA. Le débat en cours sur le droit d’auteur dans l’IA n’est pas seulement juridique ; il définit les limites de la liberté de création et de l’innovation à l’ère numérique.






























